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Les Voyageurs immobiles

Les Voyageurs immobiles

CRITIQUES CULTURE LITTERATURE JEU DE RÔLE CINEMA


Michael Chabon 'Les Princes Vagabonds' de l'Héroïsme bien tiède

Publié par lesvoyageursimmobiles sur 7 Juillet 2012, 13:00pm

Catégories : #Littérature

   ‘ Un vent se leva, venu[… ], des royaumes de forêts et de neige qu’Amram croyait être le lieu de séjour de sorcières, des djinns des neiges et des Amazones qui chargeaient à dos d’ours et de cerfs géants.' Chabon

Michael Chabon, Les Princes Vagabonds, Robert Laffont Pavillons 18euros. 4/10

Les-Princes-vagabonds.jpg

   Deux aventuriers sur les routes du Caucase au milieu Xème siècle, vont-ils se révéler des princes ou des bandits ? Nous voici de plein pied dans le roman historique, avec le destin peu connu d’un royaume de juifs au milieu des peuples des steppes, et à la croisée des civilisations. ‘Les princes vagabonds’ a sur le papier tout pour sortir des chemins battus du roman de cape et d’épée dont il se veut l’héritier. Bataille pour le titre de roi du Khazar, menacé à la fois par les Rous’ et en lutte contre les musulmans,  voilà bien la véritable originalité de ce roman : son contexte atypique et méconnu. Malheureusement, une originalité qui ne suffit pas à nous transposer dans la grande aventure promise.

 

   Son auteur le confesse, il s’est lancé dans ce roman de genre comme l’on goûte à un fruit défendu pour un vrai écrivain, avec le goût de la passion mais la honte d’assumé un exercice tout au plus amusant pour les vrais lecteurs de roman sérieux. Loin de ses hautes ambitions littéraires habituelles, Chabon choisit alors d’utiliser un style singulier, entre le récit XVIIème siècle d’aventures picaresques où les héros eux-mêmes perçoivent l’ironie de leurs existences factices. Et cela se traduit par des phrases trop longues taillées pour faire des paragraphes qui alourdissent le propos jusqu’à l’incompréhension et un vocabulaire parfois difficile.

   Retrouvant les nécessités du genre, on explore des lieux rares et les deux héros principaux, intriguant au départ, lassent ensuite, et ne se démarquent pas des clichés : invulnérable aux blessures ou insouciants face aux obstacles rencontrés,  ils nous laissent insensible. Un médecin juif et un africain ayant servi l’Empire Byzantin- la paire n’atteint pas la sympathie que peuvent dégager leurs modèles : Fafhrd et le Souricier Gris du Cycle des épées. (On se demande même pourquoi la dédicace va à Moorcock). Et si le style ampoulé ne permet pas l’empathie, les bavardages introspectifs et sympathique que se livrent habituellement ce genre de couple, finira de vous achever avec des ficelles usése. Pire, le médecin se veut mélancolique avec des airs d’Elric, et l’autre brute épaisse et blasé traîne …une  hache viking. Mais surtout l’intrigue n’offre aucun surprise- comme si mettre sur un trône un prince déchu passait pas des étapes obligés.

   J’ai rarement lu une telle ligne droite dans un roman- où les scènes et clichés s’enchaînent sans saveurs autres que nous faire amener sur les terres d’Europe centrale encore peu explorés en un hommage maladroit de princes éternels d’un genre sous-estimés.   

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